À très bientôt !

Mercredi 14 mars 2012 à 10:45 3 commentaires

Cher(e)s ami(e)s,

Comme vous le savez, j’ai été appelée par Nicolas Sarkozy pour être sa porte-parole de campagne. C’est un immense honneur pour moi, et c’est un travail exaltant, dans lequel je suis totalement impliquée depuis le 23 février dernier, date de ma démission de ma fonction de Ministre de l’écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. J’ai voulu par là éviter tout mélange des genres entre une responsabilité exécutive qui touche à la vie quotidienne de nos concitoyens, et une fonction politique et d’engagement dans une campagne électorale.

Dans le même temps, je reste au service des Longjumelloises et des Longjumellois, comme je l’ai toujours été depuis qu’ils m’ont donné leur confiance en 2008. Je suis plus que jamais convaincue que l’expérience d’élue de terrain est indispensable pour nourrir la réflexion politique nationale.

J’ajoute que, n’étant plus Ministre, je reprendrai le 23 mars mon siège de députée de la 4e circonscription de l’Essonne, que je suis déterminée à continuer à défendre. C’est pourquoi je solliciterai à nouveau la confiance de ses habitants lors des prochaines élections législatives.

Voilà qui explique que ce blog personnel a connu une moindre activité depuis plusieurs semaines, et pourquoi, en toute transparence, je souhaite vous informer que je ne publierai plus de billets ici le temps des campagnes.

Une fois cette période passée, j’aurai grand plaisir à vous retrouver ici, et à partager de nouveau avec vous ce qui fait le sel et le terreau de mes engagements politique et citoyen.

D’ici là, je vous invite tous à venir me rejoindre et à échanger avec moi en d’autres lieux du continent Internet.

Ainsi, j’espère que vous serez nombreux, à la fois à venir découvrir le site du candidat Nicolas Sarkozy, www.lafranceforte.fr, en particulier l’espace de la porte-parole.

De même, j’ai ouvert samedi dernier, en même temps que j’inaugurais ma permanence de campagne pour les législatives, le nouveau site internet nkm2012.fr, sur lequel je vous invite à venir nombreux prendre connaissance de mes propositions pour mon territoire.

Bien entendu, mon compte twitter (@nk_m) et ma page Facebook restent ouverts, pour continuer à discuter ensemble !

A très bientôt en ligne, ici et ailleurs !

NKM.

Des actions simples pour de grandes économies d’énergie

Jeudi 26 janvier 2012 à 18:24 19 commentaires

Laisseriez-vous systématiquement la porte de votre réfrigérateur ouverte dans votre cuisine ou la lumière allumée dans votre salon toute la nuit ? Assurément non ! Ce gaspillage inutile d’énergie choquerait votre bon sens.

Pourtant, les efforts que nous faisons tous spontanément dans nos chaumières ne sont pas toujours partagés par certaines entreprises ou certains commerces. Je pense notamment aux grandes surfaces qui exposent les produits frais dans de grands stands réfrigérés totalement ouverts. C’est une situation absurde pour les magasins qui dépensent de grosses sommes en facture d’électricité, et qui n’est pas dans l’intérêt du consommateur, qui paye in fine la facture énergétique tout en subissant une climatisation forcée et désagréable à chaque fois qu’il décide de passer par le rayon yogourt !

C’est pourquoi j’ai signé lundi dernier à Saint-Michel-sur-Orge avec les professionnels du secteur une convention par laquelle les enseignes de distribution alimentaire s’engagent à poser des portes hermétiques sur 75 % des 700 km de meubles frigorifiques d’ici 2020. Ce qui était souvent le cas pour le surgelé va maintenant devenir la norme pour les produits frais. Cela représente une économie équivalente à la consommation électrique d’une ville comme Lyon, soit 250 millions d’euros par an !

Toujours dans mon combat contre l’énergie stupidement gâchée, je publierai d’ici début février un décret pour forcer l’extinction des enseignes lumineuses commerciales entre 1h et 6h du matin, qui entrera en vigueur à partir du 1er juillet 2012. Je fais également mettre à l’étude, pour la fin du premier trimestre, une obligation d’abaissement des niveaux d’éclairage dans les bureaux lors ceux-ci sont vides.

Ces mesures font parties d’un paquet de 27 nouvelles actions issues de la table ronde nationale pour l’efficacité énergétique conclue en décembre dernier.

Par ces différentes mesures, nous œuvrons en faveur de la compétitivité des entreprises, du pouvoir d’achat des ménages, et assurons intelligemment la protection de notre environnement. La meilleure énergie est incontestablement celle qu’on ne consomme pas.

Numérique : quand l’Ecole fait sa mutation en douceur

Jeudi 26 janvier 2012 à 14:31 7 commentaires

Ecologie et numérique dans une école de ma circonscription. Vous devinez que c’est avec grand plaisir que j’ai accueilli début janvier Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, dans l’école Les Casseaux de Villebon-sur-Yvette. L’occasion de constater la réalité du partenariat entre les collectivités locales et l’Etat pour le développement du numérique à l’école.

À Villebon, on voit grand : 3 tableaux numériques interactifs (TNI) ont été installés dans les écoles primaires cette année, portant à 9 le nombre de classes équipées, et une école maternelle expérimente une « classe mobile informatique » de 12 ordinateurs portables connectés à Internet !

Des nouveaux outils qui trouvent leurs usages à tous les âges. Dans la classe de CP, j’ai pu voir des enfants s’exercer au calcul mental grâce au tableau numérique ; chez les CM1, un élève écrire pour la classe les devoirs sur un cahier de texte en ligne.

Ici, le numérique ne bouleverse pas les pratiques : l’enseignant garde toute sa place dans la transmission des savoirs, les élèves continuent de s’exercer au tableau ou à l’oral. Pourtant, quelque chose a changé : l’aspect ludique et interactif du numérique stimule l’engagement des élèves, l’accès à Internet permet de trouver en un instant des éléments de réponse aux questions impromptues, l’enseignant lui-même adapte sa pédagogie au fur-et-à-mesure qu’il découvre les nouvelles possibilités qui lui sont offertes.

Ce qui se construit avec ces nouveaux outils, ce sont des parcours et des pédagogies plus personnalisés, au sein des classes. Et c’est la direction que prend l’Ecole aujourd’hui. Toutes ces questions liées aux nouvelles méthodes et aux nouveaux outils de l’Education seront l’objet du prochain colloque de mon Think Tank, l’ADN, le 20 mars.

Au passage, cette mutation en douceur de l’Ecole, on la retrouve dans les salles de classe comme dans les cantines : les élèves de Villebon profitent de 15% de bio et de produits issus du commerce équitable, dans la lignée du Grenelle.

Certes l’engagement dans l’école numérique a un coût, mais il est partagé entre les collectivités et l’Etat : les premières investissent dans les outils, le second accompagne les enseignants et fournit des ressources pédagogiques. Si la ville de Villebon-sur-Yvette consacre 30 000€ par an à l’informatisation des écoles, chaque commune peut impulser ces projets en fonction de ses capacités, un tableau numérique interactif coûtant autour de 3 000€. Je le sais d’autant mieux qu’à Longjumeau, j’équipe chaque année des classes en tableau numérique. S’appuyer d’abord sur des enseignants moteurs désireux d’expérimenter l’outil est le meilleur moyen d’en convaincre d’autres, et la Ville accompagne cette dynamique dans la mesure de ses moyens.

L’éducation de nos enfants vaut bien cet investissement.

Rencontre avec Frédéric Lefebvre aux Ateliers de la 4e

Dimanche 22 janvier 2012 à 18:51 1 commentaire

Tous les mois, les Ateliers de la 4e que j’organise avec Guy Malherbe, député de la 4e circonscription de l’Essonne, sont l’occasion pour les habitants de notre circonscription d’échanger avec des personnalités de référence.

Lundi 30 janvier 2012 à 20h, je vous invite ainsi à rencontrer Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation, dans la salle polyvalente de Champlan, parc municipal Gravelin, chemin du Lavoir (localiser sur une carte).

Entrée gratuite - Inscription par mail à contact@nk-m.fr

Télécharger l’invitation

Pour bien commencer 2012

Jeudi 19 janvier 2012 à 08:15 6 commentaires

A regarder les programmes politiques de certains candidats, je me demande parfois si nous ne devrions pas créer des étiquettes pour alerter les électeurs sur leur intensité idéologique, comme nous le faisons pour informer les consommateurs sur les émissions toxiques de tel ou tel produit…

Plus sérieusement, je suis plus que jamais convaincue qu’il est plus révolutionnaire, et plus efficace, d’influer sur les comportements par des décisions qui font consensus, qu’en cherchant le clivage idéologique ou l’affrontement politicien.

Je pense précisément que les mutations que j’ai portées au sein du ministère de l’écologie, du développement durable des transports et du logement ont été possibles parce qu’elles correspondaient à un double moment de maturité : la maturité d’un développement citoyen, conscient des enjeux planétaires d’un côté et, de l’autre, la maturité de la politique écologique, qui refuse désormais d’être confondue avec l’écologie politique.

La déviance des responsables des partis qui se réclament écologistes à parler plutôt de religion, de temps de travail et de défilés militaires que d’écologie me semble confirmer cette analyse que l’écologie appartient désormais à tous.

Au-delà de ses 268 mesures concrètes, l’objectif du Grenelle de l’environnement est d’impulser la mutation de notre société. Et je parle bien de « mutation » et non de « changement ». Ce dernier terme renvoie, à mes yeux, à une conception dépassée de l’action politique. On voudrait un peu nous donner l’impression qu’il suffirait de « changer » les équipes, les hommes et les femmes au pouvoir, pour qu’« enfin tout changeât, enfin tout s’arrangeât » (selon les mots de Brassens dans une chanson célèbre)… Or, ce n’est pas ce qui s’est passé il y a trente ans, et ce n’est pas ce qui se passerait en 2012 si ce « changement »-là avait lieu…

En effet, les mutations que nous avons commencé à impulser ici me semblent toucher à quelque chose de beaucoup plus profond que ce fameux « changement », car elles nous engagent et nous transforment personnellement en dehors de toute référence idéologique. En somme : les mutations, c’est ici et maintenant ! Le changement, c’est nous !

Le changement c’est évidement la concrétisation d’une volonté politique ambitieuse face aux défis considérables que nous devons relever. Je pense bien entendu à la mutation énergétique sans précédent et à l’objectif de 20% de production d’énergie renouvelables à l’horizon 2020 portés par le Gouvernement ou encore aux nombreuses mesures d’économies d’énergie dans le bâtiment qui visent à lutter ardemment contre le changement climatique. Désormais les facteurs de santé et de protection de l’environnement sont considérés comme de véritables enjeux positifs par les décideurs. Production et consommation durables impulsent, dans les consciences et dans les actes, un nouveau modèle de société.

En s’attelant à construire la Ville de demain, grâce aux différents plans et programmes de rénovation urbaine soutenus par l’Etat et en engageant des moyens inédits en faveur des transports durables partout en France – 2000 km de ligne à grande vitesse réalisées d’ici 2020, investissement massif dans le fret ferroviaire, instauration du bonus-malus automobile qui nous a permis d’être le pays d’Europe dont les émissions des véhicules neufs sont les plus faibles – le Gouvernement a bâti, dans le temps et dans l’espace, un avenir viable et serein pour chacun.

Vous percevez, à la lecture de ce billet, mon engouement face à cette révolution ! Le Grenelle ne se résume pas, il se vit incontestablement au quotidien, par chacun d’entre nous.

L’écrivain allemand Georg Lichtenberg avait coutume de dire « janvier est le mois où l’on offre ses meilleurs vœux à ses amis. Les autres mois sont ceux où ils ne se réaliseront pas. ». Voila depuis au moins 2007 maintenant que nous faisons largement mentir cette maxime un peu cynique. Je vous propose que nous continuions à la faire mentir ensemble, tout au long de l’année 2012 !

A propos des « briseurs de grève »

Vendredi 23 décembre 2011 à 18:53 11 commentaires

Alors qu’une polémique est en train de naitre sur le respect du droit de grève, au motif que les forces de l’ordre sont sollicitées pour effectuer les tâches de vérification (fouille des bagages, palpation) obligatoire sur les voyageurs qui prennent l’avion, je voudrais préciser quelques points.

Tout d’abord, donner une définition du droit de grève, qui peut être trouvée par tout un chacun sur Wikipedia

La grève est donc « une action collective visant à appuyer les revendications des salariés en faisant pression sur l’employeur par la perte de production que la cessation de travail entraine. »

Il s’agit d’un rapport de force : le gréviste n’est pas rémunéré alors que l’entreprise ne produit plus, et donc perd de l’argent.

L’exercice du droit de grève est garanti par l’alinéa 7 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 :

Enfin, je rappelle également que les conflits sociaux en cours dans les aéroports n’opposent pas l’état aux grévistes, mais les grévistes à leurs employeurs privés. Si les employeurs avaient recours, par exemple, à une main d’œuvre intérimaire, pour remplacer les grévistes, ils seraient dans l’illégalité (Article L1251-10 du code de travail).

C’est pourquoi l’employeur, qui ne paye pas les salariés grévistes, ne peut embaucher des intérimaires pour délivrer le service à leur place, c’est-à-dire continuer à gagner de l’argent malgré la grève.

Je ne fais pas partie de ceux qui croient pouvoir se réjouir de tout conflit social, et qui pensent qu’ils peuvent y engranger des voix, des votes, ou des adhésions à leurs boutiques politiques. Bien entendu, je souhaite la fin de ce conflit. Mais les solutions pour y mettre fin sont entre les mains des salariés des entreprises de sécurité, et de leurs employeurs. Le Gouvernement peut aider, en nommant des médiateurs, mais à aucun moment nous ne sommes intervenus pour mettre fin d’autorité au conflit.

Alors, remplacer les grévistes par les forces de l’ordre pour assurer les mesures de sécurité obligatoires à l’embarquement est-il une remise en cause du droit de grève ?

Non, puisque l’employeur n’étant par définition pas en capacité de délivrer complètement le service, il perd de l’argent, des pénalités lui étant infligées par son donneur d’ordre. Les entreprises prestataires de la DGAC et d’ADP ne sont pas payées pour des prestations qu’elles ne rendent pas. C’est une évidence qu’il convient semble-t-il de rappeler. La grève en cours crée un manque à gagner pour ces entreprises, et met donc la pression sur ses dirigeants, comme toute grève.

Que les voyageurs embarquent ou non, le rapport de force entre les employés et les employeurs reste le même. Le gouvernement n’intervient que pour éviter que les voyageurs fassent les frais de ce conflit social, mais il ne modifie pas les termes de ce conflit.

Permettre aux voyageurs de partir, est-ce affaiblir les salariés dans leur épreuve de force avec leurs patrons ?

Non, et d’ailleurs si la gêne occasionnée aux usagers avait été le souci principal des employeurs, on n’en serait pas là. Les discussions auraient pu démarrer dès le dépôt du préavis de grève. Tout faire pour que les français ne pâtissent pas de ce conflit, c’est ma responsabilité, on voit bien que ce n’est pas celle des parties prenantes de ce conflit. Chacun son rôle donc, mais qu’on ne vienne pas nous accuser de briser une grève quand nous tentons de faire en sorte que les français puissent prendre l’avion !

Solliciter les forces de l’ordre pour assumer les tâches de contrôle des voyageurs et de leurs bagages, de manière exceptionnelle, et dans une période exceptionnelle de départs pour les fêtes de Noël, ce n’est donc en rien prendre position contre les salariés dans ce conflit. C’est prendre position pour les usagers, tout en aidant à trouver une solution par la médiation.

Le reste n’est que basse polémique. Et ceux qui se réjouissent du durcissement du conflit ne sont probablement pas ceux qui font des sacrifices sur leur salaire en se déclarant grévistes. Comme d’habitude, les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

Plus largement, cette idée fixe qu’on nous assène et qui consiste à prétendre qu’une grève efficace est une grève qui a des conséquences sur une majorité de personnes en dehors de l’entreprise, est une idée qui me semble dangereuse, à terme, pour le droit de grève lui-même.

Il y a en effet une confusion dangereuse entre les perturbations vis-à-vis du public, qui sont des conséquences de la grève, et son objectif, qui est de perturber le processus de production d’une entreprise, pour obtenir satisfaction sur des revendications.

A ce compte, si la SNCF met en place des trains spéciaux pour acheminer des voyageurs qui ne peuvent pas prendre l’avion à cause d’une grève dans un aéroport, on traitera également la SNCF de briseur de grève ?

Parler, comme Marie-George Buffet l’a fait hier, de « pays occupé » quand les forces de l’ordre sont à pied d’œuvre pour assurer la sécurité des voyageurs, je trouve cela indécent.

A-t-on réquisitionné les grévistes ? Non.
A-t-on envoyé la police contre les grévistes ? Non.

Les images d’Epinal d’une certaine gauche, qui veut nous faire croire que nous sommes encore sous le Consulat, et qu’on envoie la police pour « mater les grévistes », sont consternantes.

La responsabilité qui est la notre, c’est de ne pas laisser ce conflit social empêcher ceux de nos concitoyens qui partent rejoindre leur famille pour les fêtes de fin d’année de le faire. Il y a aussi chez les voyageurs des concitoyens qui travaillent dur toute l’année, qui sont en peine de boucler les fins de mois, qui prennent des vols pas cher pour enfin penser à autre chose qu’aux tracas quotidiens. Leur permettre de décoller, sans remettre en cause la grève elle-même, c’est un minimum. Des milliers de nos concitoyens ont effectué des réservations des mois à l’avance, pour pouvoir se payer ce transport et passer des fêtes de fin d’année en famille. Ceux-là n’ont pas le loisir de prendre un autre vol, ou de se faire rembourser plus tard. Ils prennent l’avion, ou ils restent chez eux. C’est aussi à eux que je pense.

Les grévistes n’en veulent pas aux usagers, et je ne veux pas que les usagers en veulent aux grévistes. Ceux dont le métier semble être devenu de souffler sur les braises devraient s’arrêter un instant et se demander ce qu’ils veulent, au fond. Monter les uns contre les autres ? Capitaliser sur la colère des uns et des autres ?

En prenant nos responsabilités, tout en protégeant le droit de grève et en facilitant l’obtention d’un accord qui, in fine, ne peut être conclu qu’à l’intérieur des entreprises privées concernées, nous faisons le travail qu’un Gouvernement responsable doit faire.

Acharnement thérapeutique ou tournant dans les négociations climatiques ?

Mercredi 14 décembre 2011 à 11:11 6 commentaires

NKM Durban

Longues, laborieuses, je dirais même interminables. Pourtant, ces 3 nuits blanches de négociations électriques à Durban, nous ont tout de même permis d’obtenir un accord, certes à l’arraché, mais un accord ! Pour la première fois, l’urgence d’agir de façon concertée a été actée par tous les pays! Et un petit pas fait par tous, est une très grande avancée pour la planète. Pour la première fois, des pays comme la Chine et les Etats-Unis, qui se rejettent habituellement la responsabilité du premier pas, s’engagent ensemble. Enfin, pour la première fois, l’Union Européenne a affiché un véritable leadership. Ses propositions ont formé le cœur du compromis. En forgeant une alliance avec les pays les plus vulnérables (AOSIS) et les pays les plus pauvres (PMA),  l’UE a fait évoluer les positions des grands pays émergents (la Chine notamment) et des Etats-Unis qui, rappelons le, voulaient seulement que la COP17 (« conference of the parties », c’est-à-dire la 17ème conférence sur le climat organisée par l’ONU) se contente de mettre en œuvre les accords de Cancun (COP16).

L’échec que nous avons frôlé, aurait eu des conséquences considérables. Depuis Copenhague, les COPs se succèdent et s’essoufflent.  Le système onusien est de plus en plus critiqué. Les présidences tournantes montrent leurs limites. A Durban, par exemple, le système organisé par la Présidence sud-africaine qui consiste à consulter longuement, dans des formats différents, selon un processus maieutique appelé Inbada en référence au nom donné en zoulou au conseil des anciens, a considérablement ralenti les débats.

La question de la gouvernance des négociations doit donc légitiment être posée. Dans le cadre de la préparation de Rio+20 en janvier prochain à Paris, nous organisons avec Alain Juppé une grande réunion qui sera l’occasion de réfléchir sur l’organisation d’une nouvelle gouvernance.

Il nous faudra conclure un accord ambitieux et global en 2015. La France au sein de l’UE fera des propositions à cet effet dès le début de 2012.

On se méfie du grand soir climatique, on préfère progresser pas à pas. Il faut pourtant aller vite, car l’horloge tourne. Tous les signaux nous alertent : multiplication des événements climatiques extrêmes, records d’émissions mondiales de gaz à effet de serre, élévation des prévisions d’élévation de la température mondiale… Bientôt il sera trop tard pour agir !

L’A10 change enfin !

Lundi 5 décembre 2011 à 18:58 8 commentaires

a10

Vous connaissez mon engagement concernant l’autoroute A10. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que j’évoque ce sujet sur le blog. Je pousse régulièrement pour que des améliorations importantes soient réalisées pour y développer les modes de transport partagés. Ainsi, trois parkings de covoiturage, qui représentent 300 places, vont être aménagés. Il convient cependant d’aller plus loin. En effet, l’autoroute doit pouvoir être mieux utilisée et doit être un vecteur de déplacement plus respectueux de l’environnement.

Pour faciliter le recours au transport collectif, il est nécessaire de fiabiliser les temps de parcours des bus. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité la mise en œuvre d’une expérimentation, dès le début du printemps prochain, permettant aux bus qui empruntent l’autoroute de circuler sur la bande d’arrêt d’urgence à l’approche de Massy, une fois les aménagements nécessaires à la sécurité de l’ensemble des usagers de l’autoroute faits.

Cette expérimentation ne constituera qu’une première étape. Une étude est en cours sur l’élargissement à terme de l’autoroute pour pouvoir créer une voie de transport collectif en site propre entre La-Folie-Bessin et Palaiseau pour améliorer, notamment, la desserte de la gare de Massy-Palaiseau. Cette voie dédiée permettra de garantir aux usagers un temps de parcours et limitera les encombrements.

Par ailleurs, j’ai souhaité que le covoiturage soit encouragé. Pour intensifier le recours à ce mode de transport, un abonnement de covoiturage pour les usagers du trajet Dourdan/La-Folie-Bessin sera mis en place dès le 1er février 2012. Cet abonnement offrira une remise de 50% pour le covoiturage à partir de trois personnes sur une large plage horaire de 7h à 20h.

Au-delà du covoiturage, les utilisateurs fréquents de l’A10, qui disposent de très peu d’alternatives à l’autoroute, doivent pouvoir également bénéficier de conditions améliorées. Là aussi, en accord avec la société gestionnaire de l’autoroute, les tarifs qui entreront en vigueur au 1er février 2012 seront plus abordables. Ainsi, en plus de l’abonnement existant, un complément est apporté pour les usagers fréquents du trajet Dourdan/La Folie-Bessin : un passage sur deux sera gratuit au-delà du 25ème passage mensuel. Ces abonnements complémentaires constituent des mesures expérimentales d’accompagnement d’ici la mise en service de la voie de transport collectif en site propre, au plus tard en 2014. D’ici là je souhaite que le Conseil général de l’Essonne puisse participer également à cet effort collectif afin de faire baisser encore plus ces nouveaux tarifs. Des discussions entre le concessionnaire et le département sont en cours.

Enfin, j’ai donné mon accord à la poursuite des études sur le ring des Ulis, en particulier pour définir le coût et le délai de réalisation du projet.

Je crois que ces mesures sont de nature à faciliter les déplacements de l’ensemble des usagers de l’autoroute A10 et permettront une meilleure utilisation de l’autoroute tout en en faisant un mode de déplacement plus aisé et plus respectueux de l’environnement.

Le MON810 ? Toujours pas !

Mercredi 30 novembre 2011 à 12:43 22 commentaires

OGM© QWEbie

Je voudrais revenir sur la décision du Conseil d’Etat d’annuler la clause de sauvegarde sur le maïs transgénique MON810. Pour ceux d’entre vous qui suivent mon engagement depuis quelques années, vous imaginez mon sentiment à ce moment précis où l’interdiction de culture de ce maïs est mise à l’épreuve.

Il ne s’agit pas ici de se tromper de combat. Ma position, et la position du Gouvernement, à l’encontre des OGM est loin d’être idéologique. Lorsque nous avions activé en 2008 la clause de sauvegarde sur le MON810, nous avions fondé notre avis sur les premières études qui laissaient penser que le MON810 pouvait avoir des effets non désirés, et peut-être irréversibles, sur l’environnement.

C’est sur cette base de connaissance de 2008 que le Conseil d’Etat a jugé la décision d’interdiction et l’a trouvée mal fondée juridiquement. De nombreuses questions sur l’innocuité environnementale de ce maïs n’ont toujours pas de réponse à l’heure où j’écris ce billet. Au contraire, de nouvelles études ont été faites et un faisceau d’éléments nous incitent à la prudence. En particulier un avis du Haut Conseil des biotechnologiques de décembre 2009 a mis en évidence un risque fort d’apparition de résistances chez les ravageurs et a questionné son impact sur les invertébrés non cibles. Plus récemment, les résultats venus des Etats-Unis sur les risques d’apparition accélérée de résistances (chez la chrysomèle par exemple), par la culture de maïs transgénique, rappellent l’importance d’examiner ces impacts et de les prévenir en amont. On ne peut pas ignorer ces questions.

C’est pourquoi, conformément aux annonces du Président de la République de ce jour, nous allons déposer une nouvelle clause de sauvegarde qui répond aux objections soulevées par le Conseil d’Etat. Elle s’appuiera notamment sur les nouvelles études et les nouveaux éléments techniques qui ont été versés au dossier.

A bien des égards, la politique de protection de l’environnement diffère des autres politiques. On ne peut pas « tester » pour quelques années une politique avant d’en changer : les dégâts causés sont irréversibles. C’est pourquoi, jusqu’à preuve scientifique du contraire, le Gouvernement maintiendra son opposition à la culture de ce maïs transgénique sur le territoire français.

METROPOLIS, « Cités futuristes », « Villes et pays imaginaires », à la Cinémathèque française

Lundi 21 novembre 2011 à 11:45 3 commentaires

Ce n’est pas en cinéphile que j’ai admiré ce film dit culte. Ce chef d’oeuvre de Fritz Lang, restauré et pour la première fois présenté dans sa version intégrale de 1927 par la cinémathèque française, est un monument, au sens propre, « qui avertit ». L’avertissement est toujours d’actualité. Les artistes, Madonna et Lady Gaga, pour ne citer que des femmes, ne s’y sont pas trompées.

La ville futuriste au début du XXème siècle, Métropolis, nous est familière : une cité verticale, un monde d’en haut, un monde d’en bas, des maîtres, une foule épuisée par un travail mécanique, des révoltes, des catastrophes et une femme robot qui prêche la haine. Fritz Lang a toujours renié la fin heureuse de sa fable, une réconciliation générale et un avenir radieux. Je souhaiterais démentir son pessimisme. C’est difficile, bien sûr. Une tâche vraiment politique.

Un cycle de conférences accompagne les projections du film. L’une d’elle analysera un thème sensible : « Métropolis, matrice des villes du futur ». Les villes du futur, nos villes, comment les penser pour qu’elles ne deviennent pas un cauchemar ? Paris, le grand Paris, comment le concevoir ? Comment éviter une cité coupée en deux mondes antagonistes : le paradis vert pour les privilégiés, l’enfer de la promiscuité insalubre pour les autres ? Comment organiser les transports urbains ? J’y songeais en inaugurant la première ligne de métro automatisée entre La Défense et Château-de-Vincennes. Le confort, la sécurité, l’information sur les horaires, la régularité et l’agrément d’un design coloré transforment l’image et la réalité du transport dans notre capitale. Le métropolitain devient un espace agréable, arraché à la grisaille des mondes souterrains. C’est aussi une première mondiale.

Un film et des réflexions. Je vous les livre, encore imprégnées d’une très forte émotion esthétique, avec le désir de la transformer en action.